Témoignages

On m’a mise de côté pour des raisons logistiques, on m’a dit des choses méprisantes, on m’a refusé des soins

J’étais enceinte de 39 semaines de mon deuxième enfant. L’hiver était débuté et j’habite relativement loin de l’hôpital. J’ai eu un stripping en matinée lors de mon rendez-vous de suivi habituel avec ma gynécologue, et comme j’étais déjà dilatée de quelques cm, elle m’a mentionnée qu’il était important que si le travail débute, de ne pas rester longtemps à la maison, car les derniers cm pourraient aller vite surtout pour un deuxième bébé. Elle m’a dit que généralement, si le stripping faisait effet, dilatée comme je l’étais, ce serait l’accouchement. Je suis rentrée à la maison et en fin d’après-midi, je sentais que c’était le moment, les contractions se faisaient douloureuses et rapprochées. Nous nous sommes rendus à l’hôpital et là-bas, pendant plus de 10 heures, on a refusé de m’admettre. C’était une soirée occupée à l’unité des naissances, ce qui n’a pas aidé mon cas. J’ai littéralement fait presque l’entièreté de mon travail dans le corridor. Une résidente m’a même regardée dans les yeux en me disant que « ça devait faire plus mal que ça. » Je ne cessais de leur dire ce que ma gynécologue m’avait dit le matin, et que c’était mon deuxième accouchement et que je savais que ça y était, comme je ne progressais pas en centimètres ils concluaient tous à du faux travail et me disaient qu’ils ne pouvaient pas m’admettre. Je leur répétais que j’habitais à presque une heure de route de l’hôpital alors c’était risqué de retourner chez moi pour ma santé et celle de mon bébé, que j’avais vécu un épisode de faux travail la semaine avant et que la douleur que je vivais n’avait rien à voir avec celle du faux travail. Au petit matin, mon conjoint et moi, épuisés, les avons finalement écoutés et avons accepté de retourner à la maison. Les infirmières m’ont donné une bouillotte et un calmant. La résidente m’a encore dit que je devais « aller prendre un bain et dormir », que je n’aurais plus d’énergie pour le moment « où le vrai travail débuterait ». Décidément personne n’avait saisi l’ampleur de ma douleur et de ma détresse. J’étais découragée, je me sentais seule, j’avais terriblement peur d’accoucher dans mon auto et j’étais en grande douleur. Nous avons fait le trajet de retour à la maison, j’avais énormément de mal à rester contrainte sur mon banc d’auto pendant les contractions, une fois arrivée je me suis péniblement hissée dans mon bain et après 2 minutes j’ai supplié mon conjoint de reprendre tout de suite la route vers l’hôpital. Je lui ai crié : « je t’en supplie on y retourne, je ne veux pas accoucher toute seule dans mon bain! » Moins d’une heure après être retournés à l’hôpital ma fille naissait. Si j’avais attendu chez moi quelques minutes de plus, je ne me serais peut-être pas rendue à temps à l’hôpital. Bref, lors de cet accouchement on ne m’a pas écoutée, on m’a mise de côté pour des raisons logistiques, on m’a dit des choses méprisantes, on m’a refusé des soins pendant des heures, on m’a laissée faire mon travail d’accouchement seule avec mon conjoint dans un corridor, on m’a fait ressentir une profonde détresse et on nous a fait prendre un risque inutile qui aurait pu avoir de lourdes conséquences pour des considérations logistiques.