Témoignages

J’aurais juste voulu qu’on m’avertisse plutôt que de continuer et de pousser plus fort.

*** Ce post n’est en aucun cas un post de chialage contre le personnel d’hôpital ou encore moins un débat entre les maisons de naissances et les hôpitaux ***

Voici ma petite histoire.

Je suis allée consulter parce que je suis à 36 semaines de grossesse et j’avais des contractions depuis 2h aux 5-6 minutes. C’est mon deuxième bébé. Ce n’était pas une situation d’urgence, ça a pris 2h avant de voir la gynécologue de garde cette soirée-là. Lorsqu’elle est arrivée, elle a voulu évidemment vérifier l’état de mon col. Et c’est à cet instant que l’histoire bascule et que j’aimerais sensibiliser ceux qui procèdent aux touchers de col …

Enfin bref, elle a inséré ses doigts normalement, puis voyant que mon col était postérieur elle a poussé et poussé plus loin, je poussais des cris de douleurs, j’avais les bras accrochés aux barreaux du lit crispés comme jamais, les larmes coulaient sur mes joues et j’en tremblais tellement, je n’étais pas prête à vivre ce moment. Elle a continué son examen en voyant bien que j’avais été ébranlée par le moment. Elle semblait mal à l’aise. Je le répète c’est mon 2e enfant et je n’ai jamais eu à vivre un tel examen. On parle ici de mon vagin et mon corps. Je suis chanceuse, je n’ai jamais vécu d’attouchements, de viol ou quelconque traumatisme sexuel. Je n’ose même pas imaginer si tel avait été le cas. Par contre, après cet examen, je me suis mise à pleurer et à trembler comme si je ne comprenais pas ce qui venait de se passer.

Tout ça pour dire que je comprends que les professionnels de la santé ont un travail à faire. Je le sais, le comprends et l’accepte. Je crois par contre que selon chaque intervention, il y aurait une sensibilité à avoir. J’aurais aimé que lorsqu’elle voit que je suis en douleur et sous le choc qu’elle se retire et qu’elle m’explique qu’elle devait passer de l’autre côté de la tête du bébé pour y arriver. J’aurais aimé qu’elle me dise simplement de prendre une bonne respiration. J’aurais juste voulu qu’on m’avertisse plutôt que de continuer et de pousser plus fort. J’aurais aussi aimé avoir la force de lui dire, mais sur le coup j’étais trop ébranlée. Ceci n’était pas une situation d’urgence, je le répète.

Pourquoi j’écris ce message? Parce que j’ai trop souvent entendu des témoignages de filles qui ont vécu des moments pénibles que ce soit à la clinique en suivi de grossesse ou examen de routine et qui n’ont rien dit comme moi. J’aimerais aussi sensibiliser les gens dans ce domaine, que derrière ce que vous avez à faire, il y a un être humain qui peut être vulnérable ou pas, mais qui a besoin de savoir ce qui se passe surtout dans les parties intimes comme un vagin.

Bref, j’aimerais avoir le courage de faire ce post à visage découvert, mais en cette fin de grossesse je n’ai pas envie de partir en croisade. Cette page me semble une belle opportunité de se tenir les coudes entre femmes. On est fortes, parfois trop et on doit savoir quand mettre un stop.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette petite histoire qui peut sembler banale, mais qui me reste en tête depuis que c’est arrivé !