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J’ai perdu conscience à un moment donné et l’infirmière m’a giflée pour me réveiller

J’ai eu 2 accouchements. Le premier en 1983 à l’hôpital 06.8 qui s’est très mal passé et qui s’est terminé en césarienne. Le personnel a été super, toutefois, donc rien à redire. Je n’ai subi aucune violence. C’était la fatalité, car j’avais, semble-t-il, un bassin peu large. C’est ce que le médecin qui m’a accouché m’a dit.

Le deuxième accouchement s’est fait par voie naturelle, car après 13 ans, mon nouveau médecin m’a dit que c’était possible. Tout s’est mal passé, du début à la fin. J’ai accouché à l’hôpital 06.9 et j’en ai gardé d’épouvantables souvenirs. J’ai eu une péridurale qui a fonctionné au début des douleurs, mais qui a cessé de faire effet par la suite. Étant donné que je n’avais pas eu le temps de m’habituer graduellement à la douleur, j’ai réagi plus fortement. J’ai crié. L’infirmière ne faisait que parler, parler, parler, parler. Aussi, elle parlait surtout à mon conjoint pendant que j’avais des contractions, j’étais humiliée de ça. Ils riaient ensemble pendant que je me tordais de douleur. J’ai perdu conscience à un moment donné et l’infirmière m’a giflée pour me réveiller. Je sais que ça semble impossible et exagéré, mais il n’en est rien. Pendant l’accouchement, on m’a examinée et il y avait environ 7-8 personnes (des étudiants, je crois) qui observaient. J’ai demandé que tout le monde sorte. On m’a dit que j’accouchais dans un hôpital universitaire et que je devais vivre avec ça. Quand tu es à moitié nue, que tu souffres, tu n’as pas envie de te faire regarder les parties intimes par une cohorte de gens. Comme je criais beaucoup et que je n’étais pas gentille avec les gens, le médecin m’a sermonnée. Il m’a dit que la venue au monde d’un enfant devait être un événement heureux et que je devais être contente de ça.

Finalement, ils ont décidé de m’endormir pour sortir le bébé. Elle n’a pas eu un test d’Apgar très élevé, quelque chose comme 3 – 5 – 7. Quand je me suis réveillée, je n’avais pas mon bébé. Ils l’avaient amené je ne sais où. Rendue à ma chambre je l’ai réclamé encore. On a fini par me dire que je ne pouvais pas la voir, car elle était trop loin. Quand je demandais de la voir, il n’y avait aucune compassion, aucune explication valable, aucune chaleur humaine. Après l’accouchement, j’étais vidée et j’avais beaucoup de difficulté à marcher. J’étais déshydratée, et j’avais besoin de boire beaucoup. J’ai eu la mauvaise idée de sonner (petite sonnette à côté du lit) pour demander qu’on m’apporte de l’eau. Je me suis fait rabrouer pour avoir sonné. On m’a dit qu’il y avait des femmes beaucoup plus mal en point que moi et que je devais aller me chercher de l’eau par moi-même. On est venu me montrer la fontaine d’eau qui était quand même loin dans le corridor. Je n’avais qu’à demander à mon conjoint de venir m’aider. Mais mon conjoint était à la maison, il s’occupait de ma première fille (13 ans) et de sa fille à lui (8 ans). On m’a dit que j’aurais dû prévoir de demander à quelqu’un d’autre de m’accompagner.

J’étais tellement exaspérée d’être à cet endroit que, dès qu’on m’a ramené ma fille, j’ai demandé à partir. On m’a dit que je pourrais après 36 heures. Parfait, après 36 heures et 1 seconde, j’étais partie de cet enfer, avec joie.

Aujourd’hui, ma fille a 22 ans et se porte à merveille. Même qu’elle sera bientôt pharmacienne! L’accouchement, je m’en souviens comme si c’était hier. Je me souviens de tout. Mais le pire, c’est d’avoir été giflée en pleine salle d’accouchement et de n’avoir eu aucune compassion ni gentillesse de la part du personnel. Je suis vraiment tombée sur la mauvaise équipe. Je ne suis même jamais retournée voir le médecin qui m’avait accouchée, tellement j’étais furieuse d’avoir été traitée de la sorte. J’ai vu un autre médecin peu de temps après, car j’ai fait une infection suite à l’épisiotomie. Cette médecin (très gentille) m’a dit que j’aurais dû aller voir le médecin qui m’avait accouchée et lui dire ce que je ressentais. Mais je ne l’ai pas fait. Je n’avais pas le courage, je voulais juste tourner la page.